Transe !!?

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Potentiellement subversive, cette sensibilité théologique ne plut pas à tout le monde. Bravant les critiques, Seymour s'attacha une foule croissante de fidèles, à tel point qu'il fallut trouver un local plus grand, le conduisant à s'installer au 312, Azuza Street. Rapidement, sa doctrine connut le succès. A partir de 1906, les foules se pressent à Azuza Street pour louer Dieu dans des transports qui redonnent au mot « enthousiasme » son sens étymologique : par la glossolalie, la transe, les fidèles semblent être habités par la divinité, comme s'ils dupliquaient à distance l'évènement de la Pentecôte.

Les Noirs jouent un rôle moteur dans cette dynamique de réveil spirituel et religieux. Leur musique, ancrée dans le passé récent de l'esclavage et des negro spirituals, accompagne et ryhtme la croissance communautaire de l'Eglise d'Azuza. du ghetto au reseau S Fath

[…] Durant plusieurs années, le Réveil d'Azuza Street s'est signalé par une mixité sociale et raciale comme les paroisses chrétiennes américaines n'en avaient presque jamais vu. Riches et humbles, Noirs et Blancs, hommes et femmes communient et prient en langues (glossolalie), attirant les chroniqueurs et les analystes. En 1908, la communauté d'Azuza Street soutient déjà 25 missionnaires (au Libéria, en Chine, au Japon). C'est de cette fermentation provoquée par Seymour que le pentecôtisme va puiser son élan militant, porté par de grandes communautés comme les Assemblées de Dieu.

ORIGINE ET HISTOIRE

On a l'habitude de distinguer entre "pentecôtisme" et "néo-pentecôtisme", ce dernier étant appelé aussi "renouveau charismatique". Le premier terme désigne une fraction du protestantisme et regroupe un certain nombre d'Eglises protestantes différentes des autres et qu'on appelle pour cela pentecôtistes. Quant au néo-pentecôtisme ou renouveau charismatique, il s'agit non pas d'une Eglise institutionnalisée et bien définie, mais plutôt d'un mouvement qui pénètre à l'heure actuelle la plupart des Eglises chrétiennes, aussi bien le catholicisme que le protestantisme.

 

1. Le pentecôtisme

Fondés sur l'Ecriture Sainte, les Réformateurs ont enseigné la nécessité d'une conversion personnelle par laquelle l'homme reçoit le pardon des péchés et devient ainsi un enfant de Dieu. Cette doctrine devint le cheval de bataille du piétisme. John Wesley, fondateur du méthodisme en Angleterre, au XIX siècle, assimilait la conversion à la "première bénédiction" par laquelle le croyant obtenait la justification, et affirmait qu'il avait besoin pour persévérer dans la foi et se sanctifier d'une "deuxième bénédiction". Le méthodisme dont il fut l'initiateur produisit des explosions d'effervescence religieuse, accompagnées de glossolalie. L'octroi de cette "deuxième bénédiction" s'accompagnait de transes, de danses sauvages et de contorsions.

Tandis que le méthodisme retrouvait en Angleterre une certaine sobriété, il donna naissance aux Etats-Unis, après la guerre de Sécession, aux "mouvements de sainteté". Naquirent alors les communautés des "barking saints" (saints qui aboient) et du "Holy Rollism" (de "holy" saint, et de "to roll" = se rouler). Cette deuxième bénédiction, expérience de foi exaltante, fut appelée le "baptême de l'Esprit". Certains mouvements de réveil parmi les baptistes s'approprièrent cette notion.

Des scissions eurent lieu dans le méthodisme américain de la fin du XIX siècle. Dans ces nouvelles communautés, l'idée d'une troisième expérience spirituelle fit son chemin. Elle ne concernait plus la sanctification et la persévérance du chrétien, mais le témoignage chrétien pour lequel on estimait qu'il était nécessaire de recevoir une mesure particulière du Saint-Esprit. Ainsi naquit le pentecôtisme dont on situe généralement la naissance à Topeka (Kansas) en janvier 1901, sous la direction du pasteur méthodiste Charles Parham. Un groupe d'étudiants de l'institut biblique de cette ville vécut ce qu'on appela une nouvelle Pentecôte: l'Esprit descendit sur le groupe en prière, l'un des participants se mit à parler en langues, bientôt imité par les autres. Le pentecôtisme était né. Sous l'influence de W.J. Seymour, pasteur baptiste noir et ancien élève de l'institut, le mouvement gagna Los Angeles et prit rapidement des dimensions nationales et internationales. Des communautés se fondèrent sur tout le continent américain, puis ailleurs dans le monde.

 

2. Le néo-pentecôtisme ou renouveau charismatique

Dans les années 50, la nécessité d'un renouveau se fit sentir dans de nombreuses Eglises américaines, sous l'influence du "Full Gospel Businessmen's Fellowship International" et du pasteur David du Plessis. En automne 1966, il atteignit le catholicisme. De nombreuses Eglises protestantes en furent également imprégnées. Signalons en particulier les communautés tziganes françaises. Tandis que le mouvement néo-pentecôtiste au sein du catholicisme se maintient dans le cadre de l'institution romaine et reste soumis aux autorités ecclésiastiques, il a dans le protestantisme une tendance sectaire nettement plus prononcée. L'accent est mis partout sur l' « effusion de l'Esprit » ou le « baptême dam l'Esprit » et on retrouve dans le néo-pentecôtisme ou renouveau charismatique tous les ingrédients du pentecôtisme classique, à cette différence près qu'on ne considère pas la glossolalie comme un signe indispensable de cette expérience religieuse. On baptise les adultes ou bien on les rebaptise, s'ils ont reçu le baptême dans leur enfance. Ce baptême est administré par immersion et généralement considéré comme la condition pour obtenir le "baptême dans l'Esprit". L'une des caractéristiques du mouvement charismatique est sa dimension oecuménique. On y est généralement fondamentaliste c'est-à-dire attaché à l'autorité de l'Ecriture Sainte, mais, par-delà les divergences doctrinales qui sont parfois très grandes, on voit dans l'expérience commune du "baptême dans l'Esprit" la condition suffisante et le signe visible de l'unité.

Sans doute y a-t-il des explications sociologiques à l'essor du pentecôtisme et du renouveau charismatique. Ce n'est pas pour rien qu'il connaît un grand succès parmi les noirs des Etats-Unis et, d'une façon plus générale, dans les pays du Tiers-Monde, en Afrique, en Amérique du sud et à Haïti. On l'a défini souvent comme la "religion des pauvres", des déshérités, des opprimés, des frustrés, des incompris et de tous ceux qui se sentent marginalisés d'une façon ou d'une autre. Une sensibilité à fleur de peau est facilement accessible à l'ambiance suscitée par le pentecôtisme et le néo-pentecôtisme. La possibilité qui y est donnée à tous de s'exprimer, quels que soient leur niveau d'instruction et leur statut dans la société, sans que soit requise une connaissance approfondie de la Bible et encore moins une culture théologique, un message fort simple (souvent rudimentaire et assez peu conforme à l'enseignement de l'Ecriture), différent de tant de sermons qui se meuvent dans l'abstraction et passent à côté des besoins réels des fidèles, l'espoir de vivre une expérience religieuse dont les manifestations extraordinaires et irrationnelles valorisent l'individu et lui donnent l'assurance qu'il est en contact immédiat avec Dieu, tout cela est de nature à satisfaire des besoins qui, s'ils ne sont pas toujours sains, n'en sont pas moins réels.

Mais il y a plus que cela. Dans 1 Corinthiens 12:8-11, l'apôtre Paul énumère neuf dons que le Saint-Esprit accorde à son Eglise: "A l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit; à un autre, la foi, par le même Esprit ; a un autre, le don des guérisons par le même Esprit, à un autre, le don d'opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues, à un autre, l'interprétation des langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut". Les charismatiques affirment que le Saint-Esprit veut accorder ces dons (en grec "charismata", charismes, d'où l'expression "charisma-tiques") à l'Eglise de tous les temps, et donc aussi de nos jours. C'est pourquoi le croyant peut en être doté et doit aspirer à eux. Le "baptême dans l'Esprit" est censé correspondre à un besoin réel de l'Eglise chrétienne et des croyants dans leur existence personnelle. Leur possession est censée entraîner un renouveau au sein de la chrétienté. Le pentecôtisme sous ses différentes formes veut donc satisfaire un besoin religieux. Ses adeptes sont sérieusement préoccupés par la situation spirituelle des Eglises institutionnalisées. Ils constatent un manque de consécration et de ferveur religieuse chez de nombreux membres d'Eglises et réalisent que beaucoup de chrétiens ne trouvent pas dans leur foi la joie, la paix et l'assurance qu'éprouvaient les croyants des temps apostoliques, que la vie de beaucoup d'entre eux est dénuée de charité chrétienne, qu'on n'insiste pas assez sur l'oeuvre du Saint- Esprit et que les cultes sont trop souvent froids, impersonnels et dénués de spontanéité, un accomplissement de rites privé de chaleur et de ferveur.

 

Peut-on affirmer, comme le font les pentecôtistes, que le mouvement charismatique est le signe d'un réveil mondial du christianisme? Pourquoi, s'il en est ainsi, le parler en langues a-t-il joué un rôle tout à fait secondaire dans l'Eglise apostolique, à tel point qu'il n'est mentionné dans aucune autre épître que dans la première aux Corinthiens? Si ce don est si important, pourquoi n'est-il pas apparent dans la vie des paroisses de Rome, de Galatie, d'Ephèse, de Colosses, de Philippes, de Thessalonique ? S'il est le signe d'un réveil du christianisme, pourquoi le rencontre- t-on dans les religions païennes ? Dans tous les réveils chrétiens, les gens ont été brisés par la repentance et ont trouvé dans la foi le chemin vers le Christ.

Au lieu d'édifier les fidèles dans une foi sobre, solidement ancrée dans la Parole de Dieu, qui se fonde sur les promesses d'un Dieu véridique et fidèle, le renouveau charismatique fouette et exaspère les émotions, suscite des feux de paille aux lendemains souvent douloureux. Dieu édifie les siens par l'intelligence, en faisant appel à l'entendement et au coeur, et non par les transes et une ambiance qui frise trop souvent l'hystérie. L'Evangile veut susciter le calme, la paix et la sérénité, et non le délire et l'extase. K. Koch a cette belle phrase: "Ce n'est pas que nous devrions recevoir plus du Saint-Esprit, mais bien que le Saint-Esprit devrait recevoir plus de nous-mêmes" (op. cit., p. 46).

 

LE BAPTÊME DANS LE SAINT-ESPRIT

L'un des plus grands dangers du mouvement charismatique est l'affirmation que l'expérience centrale et déterminante du croyant n'est pas tant la conversion qu'une "deuxième expérience ou "deuxième bénédiction" appelée le "baptême dans l'Esprit". Le théologien Clark Pinnock, qui ne cache pas sa sympathie pour le néo-pentecôtisme, écrit: "Un élément fondamental de la théologie pentecôtiste est l'affirmation que le croyant doit chercher, après sa conversion, un "baptême de l'Esprit' pour obtenir une pleine puissance dans le service chrétien et pour recevoir tous les dons charismatiques nécessaires" (Holy Spirit Baptism, p. 10). Le mouvement charismatique a d'une façon générale repris cette thèse. Cet enseignement est si fondamental que, si on ôte cette doctrine, ce qui reste n'est plus du néo-pentecôtisme. On laisse entendre qu'il existe deux baptêmes: celui du Christ qui n'est qu'un, simple rite d'adhésion au christianisme, et le baptême de l'Esprit qui confère le Saint-Esprit, ou au moins une mesure du Saint-Esprit de loin supérieure à celle qu'on peut posséder avant. Cette thèse est fausse et contredit l'Ecriture sur un certain nombre de points.

 http://www.egliselutherienne.org/bibliotheque/doctrine/charismatique/Char_2.htm

 

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